• Chapitre I - Episode 8


    Ça a commencé par deux gamins retrouvés morts, une pute violée et payée à coups de couteaux, et puis ce crime de nuit sur le port. Pour les gamins, c'est certainement un coup des BOPE, la bataillon des opérations spéciales de la Police qui intervient dans les favelas à bord des caveirao, ces espèces de blindés destinés à lutter contre la criminalité dans les quartiers pauvres. Le problème est que les flics affectés à ces engins ont la détente facile. Un coup de haut parleur pour avertir de leur arrivée, et après on tire sur tout ce qui bouge. Carnages suivis d'autres carnages ! Abel est dégoûté de ces méthodes, qui font les choux gras d'Amnesty International.

    Pour la pute, là aussi, c'est l'habituel cercle vicieux de la drogue. Le tapin ne peut plus payer ses doses. Son dealer lui donne à sa façon le reçu pour solde de tout compte, non sans s'être payé d'abord sur la bête. Pas de problème pour la Scientifique, le sperme a été prélevé... reste à savoir si c'est celui de l'assassin ou des clients, car la capote n'est pas très bien vue et les putes ne réussissent pas vraiment à l'imposer aux clients, malgré les conseils chèrement dispensés par les associations qui veillent sur leur santé. Ça craint !

    Abel presse le pas après avoir traversé l'Avenue de Marco. Il pense à Eden. Cette femme est inconsciente. Il en tremble pour elle, après coup. Se promener, seule, de nuit, sur le Quai de Porto, c'est de la folie pure. Elle a eu une chance incroyable. Ah ces étrangers ! Ils se croient ici en sécurité, trompés par les annonces officielles. En réalité il n'en est rien. La femme assassinée s'appelait Nadia Carvalho, une très belle métisse indienne, bien vêtue. Ce n'était pas une pauvre, c'est certain. La Scientifique a dû avancer entre temps. Quand Abel a quitté la scène du crime, ses agents s'activaient à faire toutes sortes de prélèvements. Notamment sur les traces de sang, car il était étonnant d'en trouver de manière aussi disséminée.

    Son père, il y a bien longtemps, l'avait prévenu, lui avait dit de ne pas entrer dans ses pas ; mais c'était plus fort que lui, une vocation et après son assassinat par les poulets véreux de la brigade des stupéfiants, c'est devenu une nécessité, faire comme lui et le venger peut-être. Durant deux ans, en parallèle à sa formation de jeune recrue, il avait enquêté sans relâche pour coincer les assassins de son père et y était parvenu au risque de sa vie ; depuis, le commissaire le plus populaire de Rio, Federico Ruiz de Mayor, moisissait derrière les barreaux, et Abel ne se retournait plus à chaque bruit suspect ; si le ripoux tentait de le faire tuer, comme il avait déjà essayer de le faire à maintes reprises, c'était la vie après tout, les risques du métier. Une menace qui avait empêché Abel de construire une vie de famille, il n'avait pas peur pour lui, mais il ne voulait pas s'inquiéter d'une femme et d'enfants. Ce matin-là, il sent bien qu'un mot d'Eden pourrait le faire basculer, l'embarquer dans une aventure qu'il s'était toujours refusé de tenter.

  • Commentaires

    1
    Mercredi 27 Décembre 2006 à 23:15
    Hello,
    "Se payer sur la bête" hé hé... Le métier de gangster n'est plus ce qu'il était, même plus de vie privé,pfff ;-) Bises et bizzz.
    2
    CC
    Dimanche 7 Janvier 2007 à 20:21
    J'adore,
    j'adore, j'adore ! Vivement la suite !
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