• Chapitre I - Episode 7


    Décidément, c'est le jour des importuns, entre Joao et Mister Smith, Eden se trouve bien pourvue... Tout en marchant elle envisage comme vraisemblable que ce soit Brito qui ait fait le coup. Après tout il doit être à Rio, du moins y était-il hier, et la silhouette devinée sur la photo parait bien être la sienne. Eden ne se voit pas attaquer bille en tête l'inspecteur Pastor pour faire une enquête personnelle... On se calme.

    Après tout, en d'autres circonstances, charmant comme il est... Abel. Ce prénom résonne bien sensuellement à son oreille. En raison de l'obscurité Eden n'avait pas pu regarder mieux Abel Pastor, mais c'était un homme séduisant : la petite quarantaine, le cheveu court et souple, brun, grand, d'une belle largeur d'épaule, et des yeux d'un bleu tendre qui lui donnaient l'allure d'un étudiant. Tout chez lui était bien, à part ses chaussures, qui n'ont certainement jamais vu ni l'Angleterre ni l'Italie. Avec lui elle aurait bien envisagé un petit séjour prolongé à Parati. Une soirée sur la terrasse du Margarida Café, une bonne dose de caïpirinha - pour changer, et, à la fin, un bon picanha grillé agrémenté d'excellent haricots noirs... en belle compagnie. Là, oui, aller à Parati aurait du sens ; tout le contraire d'une bousculade au milieu des touristes de la vieille ville. Quel serait le revers de la médaille ?

    Lasse de rêver, Eden fouille dans son sac, regarde encore une fois la photo ; assurément la coiffure est bien celle de Brito, mais les vêtements ne lui disent strictement rien. Elle veut en avoir le cœur net ; elle sort son portable, s'embrouille un peu dans les touches et finit par composer le numéro de Brito... Son portable est éteint !

    Abel Pastor est encore chez lui, il est en retard ce matin ; il n'a pas dormi de la nuit, encore un meurtre, une jeune femme dans la fleur de l'âge assassinée. Il en avait vu d'autres, mais il ne s'y faisait pas, ça le mettait toujours dans le même état ; même si cette fois, la vue d'Eden Clérie y était aussi pour quelque chose. Et son calepin, qu'il ne trouve pas ; mais où avait-il bien pu le poser cette nuit en rentrant. Dans la chambre, assez spartiate, un grand lit près du sol, une commode et un chevet en wengé ainsi qu'un immense dressing attenant où l'on trouve plus de disques que de vêtements, il ne le voit pas ; au salon, non plus, mais il y règne un capharnaüm épouvantable ; des journaux traînent sur la table basse, un plaid déployé recouvre le canapé en cuir brun, des livres jonchent le sol alors que la bibliothèque, en bois wengé également, ploie sous leur poids. Il désespère de le retrouver, et file dans la cuisine pour prendre un jus d'orange dans le réfrigérateur. Son calepin est posé en haut de ce dernier ; ah oui, il se souvient ; la bière, cette nuit. Il peut partir enfin, il se dépêche, il ne veut pas arriver après mademoiselle Clérie.

    Arrivé en bas de son immeuble, Abel lit 8h40 à sa montre et se dit qu'il a malgré tout le temps de rejoindre à pied le Commissariat Avenue Gomes Freire. Cela lui fera une bonne balade depuis le quartier de la gare, où il habite. Les rues de Rio ne sont pas trop encombrées encore à cette heure, ce sera un plaisir de marcher, tout en se remettant les idées en place. Rude journée que celle d'hier ! Journée habituelle cependant pour Rio, où l'on meurt aussi rapidement que l'on attrape un coup de soleil à Leblon.


  • Commentaires

    1
    Vendredi 22 Décembre 2006 à 17:52
    Ravie de voir
    que ça bosse, par ici :) Joyeuses fêtes aux claviéristes associés, et à bientôt.
    2
    CC
    Lundi 25 Décembre 2006 à 23:39
    ah !
    ça y est ! le portrait de l'inspecteur ! Très bien ! Bises
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