• Chapitre I - Episode 5



    Elle pleure à chaudes larmes, bruyamment, et petit à petit se calme, lentement... Ces quelques larmes lui ont fait du bien ; elle est sereine maintenant. Elle tiendra le mensonge, s'il le faut... le sac, des empreintes, mais parce qu'elle l'a poussé en voulant s'approcher de la victime ; elle ne veut rien dire à la police pour le moment ; elle veut voir Brito d'abord. Soudain, elle a envie de l'appeler, prend le téléphone, commence à composer le numéro... elle se reprend. Non. Elle veut être en face de lui quand elle lui annoncera qu'elle sait que la jeune femme morte le connaissait, elle veut lire dans ses yeux la vérité. Depuis un an, elle le connaît ; elle l'a vu quasiment tous les jours où il était à Rio durant cette longue année, elle a rencontré tous ses amis, ses collègues, est sortie avec lui dans tous les restaurants, bars, boîtes de nuit de la ville. Jamais, elle n'a rencontré cette femme, jamais elle n'a pu soupçonner le moindre problème dans sa vie personnelle. Leur rupture. Une anicroche. Elle voulait s'installer avec lui, il a refusé. Et Eden a fait son sac, un matin, il y a une semaine, en lui disant que s'il ne voulait pas s'engager, elle préférait le quitter que souffrir à vivre à côté de quelqu'un qui ne l'aimait pas assez pour vivre sous le même toit qu'elle.

    Maintenant le soleil est levé, elle sait qu'elle ne dormira plus. Elle se prépare un café, de sa petite cafetière ramenée d'un voyage en Italie ; elle fait passer le café lentement, pour qu'il soit plus corsé, tout en écoutant la radio. Le flash d'actualité annonce qu'un cadavre a été découvert pendant la nuit sur le Quai de Porto. L'identité de la victime n'est pas révélée, il s'agit d'une jeune femme de trente ans, tuée par balle, découverte par une passante vers trois heures. La Police n'a pas donné plus d'informations. Trente ans, le même âge que moi, pense Eden. L'odeur du café envahit la cuisine, elle se précipite mais il est trop tard, un peu de café a débordé sur la cuisinière. Eden s'énerve, elle se sent fatiguée. De fait cette nuit n'a pas été reposante, c'est le moins que l'on puisse dire. Elle boit le café qui reste brûlant, retire son tee-shirt et va dans la salle de bain. Elle a la ferme intention de s'habiller au plus vite, de faire un tour sur le marché voisin, pour admirer les fleurs, et boire un jus de goyave frais, tout en se rendant au commissariat. En se douchant, elle éprouve la même sensation procurée par la douche de la nuit. Elle se sent sale, comme pénétrée par un serpent visqueux qui s'agite dans ses entrailles. Intérieurement sale, ce n'est pas cette eau qui va la purifier. Elle ressent, intuitivement, que Brito est lié à cette histoire et cela lui noue le ventre de rage.

    Elle sort enfin de la douche, se sèche lentement le corps et les cheveux, puis se maquille légèrement pour masquer les marques de sa nuit blanche. Elle enfile un jean et un tee-shirt, une paire de ballerines, noue ses cheveux en chignon et retourne à la cuisine pour prendre une autre tasse d'un café bien serré. Cette nuit, elle n'arrivait pas à trouver le sommeil, mais là soudain, la lassitude l'envahit ; envie de dormir pour oublier. Il va bientôt être l'heure de rendre visite à l'inspecteur Abel Pastor. Elle ouvre la porte fenêtre, et s'installe sur la terrasse avec sa tasse de café ; au loin la mer est calme, en cette heure matinale la plage est encore déserte, hormis Pedro, son voisin, qui fait son jogging en compagnie de son labrador. Il lui fait un signe, elle lui répond en lui souriant ; Pedro est un adorable monsieur d'une soixantaine d'années, qui a tout fait dans sa vie, acteur de cinéma, agent de change, coiffeur de mannequins, photographe... elle le soupçonne d'avoir surtout été gigolo. Avec l'âge, et la richesse surtout, il vit seul dans une adorable maison, voisine de la sienne, en compagnie de son fidèle Nestor. Perdue dans ses pensées, elle regarde ses ongles. Elle aperçoit une petite tâche sombre, restée là après sa douche. Manifestement c'est un peu de sang. Dégoûtée elle va chercher une lime dans la salle de bain. Le téléphone sonne.




     


  • Commentaires

    1
    Dimanche 10 Décembre 2006 à 20:32
    Je soupçonne...
    ...Eden d' être plus "sale" qu' il n' y paraît. Question d' intuition...
    2
    Dimanche 10 Décembre 2006 à 21:53
    Ah ah ! des soupçons...
    déjà. Vous allez vite en besogne Kleine Stern ! On verra bien ce que votre intuition vous dit... Bizzz cariocas, JB
    3
    Mercredi 13 Décembre 2006 à 19:39
    drrrring...
    Le telephone sonne,mais il sonne trop lontemps!on veut savoir comment l'inspettore va jouer avec sa nouvelle créature! biz a vous, F.
    4
    junejb Profil de junejb
    Mercredi 13 Décembre 2006 à 21:06
    oui un peu long
    deux épisodes par semaine, on est à la bourre. C'est pour ce soir ou demain matin. Promis. June.
    5
    Mercredi 13 Décembre 2006 à 23:12
    Impatience ne sert
    à rien ecirbaF. T'as tonticket ? Allez hop ! dans la file d'attente, avec les autres :-))) Bizzz JB
    6
    Jeudi 14 Décembre 2006 à 13:53
    jb
    RRRRRRRRRR!(à lire à l'envers :) ) bise à vous, F.
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